27.06.2009

Ian Rankin/Causes mortelles




Ma première incursion dans l'Ecosse de Ian Rankin et de l'inspecteur Rebus.Et pas trop envie d'y revenir.Certes il y a Edimbourg et son festival de théâtre,in,off et interlope.Pas mal vu et pas forcément touristique.Mais il y a aussi la sempiternelle guerre des services de police qui finit par me rendre l'intrigue trop confuse.De même que les différentes fractions révolutionnaires, minoritaires, indépendantistes, catholiques, protestantes d'Ecosse et d'Irlande.Des gosses perdus,des quartiers difficiles,des trafics d'armes.L'ordinaire polar en quelque sorte,version Scotland.Je dois reconnaître que la prolifération des polars historiques,régionaux,géographiques finit par donner un peu le tournis.Il me semble que l'on peut moduler ces récits à l'infini.Ceci ne veut pas dire que le livre est inintéressant,simplement que ça a un air de déjà vu.Mais comment faire autrement?


21.06.2009

Le surdoué

 

Candy http://www.youtube.com/watch?v=SW5iKuP6G20

La Fête des Pères m'a valu de découvrir Paolo Nutini.C'est peu dire que l'enthousiasme a soulevé ma plume pour dire tout le bien que je pense de Sunny side up.Ce diable d'homme a tous les talents malgré son jeune âge.

Frédéric Roux/L'hiver indien

     Ce gros bouquin se lit très bien.On imagine l'auteur très attiré par Missoula,Jim Harrison et des gars de cet acabit.Alors voilà.Les Indiens Makahs vivent au nord des Etats-Unis près de la frontière canadienne. Obèses,alcoolos,plus ou moins camés, braconniers, voire obsédés sexuels,mais marrants,enfin certains.Une poignée de ces irréductibles décide de reprendre la chasse à la baleine,abandonnée depuis des lustres.Ceci ne va pas être simple car par exemple ils ne savent même plus nager.Frédéric Roux signe un livre fort plaisant sans nous asséner véritablement le couplet sur le droit de la nation indienne à vivre selon sa culture.Ils en sont d'ailleurs bien incapables,ravalés au mieux au statut d'assistés, insérés surtout au bar ou en taule,plus analphabètes que méchants.Enfin pas tous.

   Sur fond de musique rock et de bière nos branquignols se préparent donc à affronter Moby Dick. Entraînement minable dans la forêt, tronçonneuses massacrant l'environnement en découpant des Elvis Presley sur les arbres,vols de pacotille.Et surtout désaccord parfait entre les vieux du conseil tribal et la relève,particulièrement abrutie.Greffez là dessus des écologistes obtus,au bandana hypermédiatique,une vague historiette d'amour entre une blanche et un indien,une mère hippie encore toute enwoodstockée. Vous obtiendrez ce que je considère comme une farce truculente avec à la rigueur,si vous cherchez bien,un peu de réflexion sur la déculturation et sur le vieil adage "Un peuple qui ne s'adapte pas est un peuple condamné,un peuple qui s'adapte est aussi un peuple condamné." Profond comme la Côte Pacifique,non?

   Les dialogues souvent rudes sont drôles et la peinture de ces ultimes rejetons de la grande nation nous fait bien rire et c'est je crois la qualité première de cette chasse à la baleine qui tient plus du grand barnum télévisuel que du mythe melvillien.

17:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman

B.Traven/La charrette



Moins connu que Le trésor de la Sierra Madre,La révolte des pendus ou Le vaisseau des morts La charrette est l'un des premiers romans du mystérieux B.Traven.Je ne reviens pas sur son identité pour le moins nébuleuse mais peux déjà vous dire que ce roman est traduit de l'espagnol.D'autres comme Le pont dans la jungle,dans ma PAL,étant traduits de l'allemand.Déjà ça situe,façon de parler,le bonhomme.

La charrette est une sorte de roman générique où le héros,le jeune charretier mexicain Andres,n'est en fait qu'un symbole de la condition précaire,voire misérable,de ces prolos d'Amérique Latine,terre de prédilection de Traven qui mourut à Mexico en 69.On sait les sympathies de l'auteur,parfois peu nuancées,mais cela ne doit pas nous empêcher d'apprécier ce tableau très détaillé de la vie menée par ces forçats sur les pistes arides ou détrempées du Mexique de Porfirio Diaz.Mes pages favorites:celles sur la fête mexicaine,avec son culte de la mort si spécifique et dont sut nous parler Eisenstein par exemple.Et les vieilles légendes indiennes ressurgissent ça et là entre enchiladas et tortillas un brin bourratives

Patrick Deville/Equatoria




Equatoria n'est pas tout à fait un roman,plutôt une relation d'un voyage en Afrique Equatoriale que Deville de main de maître nous concocte avec délices.Mélangeant allégrément ses propres impressions du Congo d'aujourd'hui avec les portraits croisés de Brazza ou Stanley,du temps de la conquête et aussi,plus inattendu Schweizer et encore plus inattendu,Céline,l'auteur nous entraîne dans le tourbillon,le maquis des explorations et tout autant dans la pétaudière des mouvements indépendantistes angolais entre autres.Cruauté semble être la valeur la plus partagée,ce qui n'est pas pour nous étonner sur ce continent qui n'en finit plus de guerroyer contre lui-même.Mais Deville ne se limite pas à Jonas Savimbi ou à Mobutu.Il sait aussi nous brosser le chaleureux portrait d'un chauffeur de taxi ou d'un pizzaiolo.Parmi les perles d'humour acide je vous conseille le gigantesque coup d'état de Sao Tomé et Principe,composé de... douze mutins.

B.Traven/Le pont dans la jungle

 

Le pont dans la jungle

 


Toujours un grand plaisir de lecture avec ce diable de Traven.Ce roman se déroule sur une seule nuit,une nuit d'angoisse puis de lamentation,la disparition d'un enfant près d'un modeste pont sur une rivière dans la jungle équatoriale d'Amérique du Sud.C'est le tableau de cette petite communauté d'indiens très pauvres avec quelques gringos de passage.Il y a non loin une compagnie pétrolière mais aujourd'hui c'est bal et l'on attend les musiciens.Quelques heures passent ainsi et le drame se noue.Traven ne nous inflige pas l'éternelle leçon des profiteurs même si l'on connait ses sympathies.Mais il nous brosse les émois,les chagrins et la calme solidarité de ces gens de peu,si intéressants sous sa plume de voyageur.Un auteur qui va pourtant bien au delà de la littérature de voyage,ce qui serait déjà très bien.Une littérature universelle.

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